Billie Holiday
Strange Fruit (Commodore, 20 avril 1939), une des voix les plus intimes du jazz.
Son apport au jazz
Billie Holiday a fait du chant de jazz un art de l'intimité. Elle chante comme un instrumentiste, en décalant le phrasé par rapport au temps, sans effet de voix. Avec Strange Fruit, enregistré chez Commodore le 20 avril 1939, elle chante un texte sur le lynchage, sujet rare dans un disque grand public de l'époque. Les paroles sont un poème d'Abel Meeropol.
Repères
- 1915 : Naissance à Philadelphie.
- 1933 : Premiers enregistrements, avec Benny Goodman.
- 1937 : Elle chante avec l'orchestre de Count Basie.
- 1939 : Strange Fruit, chez Commodore.
- 1958 : Lady in Satin, chez Columbia, avec un orchestre à cordes.
- 1959 : Mort.
Comment l'écouter
Ne cherchez pas la puissance : la voix est petite. Écoutez le décalage entre sa ligne et le tempo, qu'elle retarde ou devance comme un soliste, et la façon dont elle change de couleur sur une seule syllabe. Les enregistrements des années 1930 la montrent légère et rieuse. Ceux de la fin de sa vie sont plus lourds, plus nus, et souvent plus bouleversants.
Par où commencer
- Do You Know What It Means to Miss New Orleans (1947, Facile) : Un standard chanté avec douceur, issu du film New Orleans (1947) où elle joue avec Louis Armstrong.
- Strange Fruit (1939, Classique) : Le titre qui l'a rendue célèbre. À écouter en connaissant son sujet.
- Lady in Satin (album, 1958, Columbia) : Enregistré un an avant sa mort : une voix marquée par les années, devant un orchestre à cordes.
Courants
Albums repères
- Lady in Satin (1958, Columbia)
À écouter ensuite
- Lester Young : Son partenaire le plus proche : c'est elle qui l'a surnommé « Prez » et lui qui l'appelait « Lady Day ».
- Ella Fitzgerald : L'autre grande voix du swing, plus technique, plus lumineuse.
- Sarah Vaughan : La voix du bebop, au phrasé tout aussi libre.
- Abbey Lincoln : Une héritière de son chant sans fard.